Bilan, pour quoi faire ? PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 24 Octobre 2011 13:44
bilan

Faire le bilan, dposer le bilan : bilan rime avec clture, et nous donne parfois un avant got de nostalgie, car souvent lorsque le bilan commence la fin commence se faire sentir. Mais comme chacun sait, sans fin pas de dbut ! Et un bilan c'est aussi rendre possible et perfectionner le dbut qui suivra. Alors, on peut faire un bilan pour inflchir la direction de ce qui est en train de ce passer, pour dposer ses valises et repartir avec un nergie neuve

Le bilan donne un rythme l'action et offre un temps o, sans se juger, ni se culpabiliser, chacun peut dire o il en est de ce qu'il vit et ce qu'il voudrait vivre. Alors, en runion, en classe, en famille ou lors de tout autre vcu de groupe, faisons des bilans ! Et pour varier les plaisirs et ne pas faire de ce temps suspendu un moment pesant, voici dix (10) manires de faire, parmi d'infinies autres possibles.Extrait de http://enviesenjeux.webnode.fr/news/bilan-pour-quoi-faire-outils-et-methodes/


A quoi sert un bilan ?

On peut terminer une runion rapidement, en se disant au revoir avant de sauter dans sa voiture pour rentrer chez soi. On peut terminer une runion avec lenteur, et les participants partent les uns aprs les autres aprs deux ou trois conciliabules individuels pour commenter ce qui vient d'tre dit. On peut terminer une runion par limination progressive des plus fatigus, avec des dbats interminables au bout desquels seules 2 ou 3 personnes prendront les dcisions. Un bilan, a sert d'abord viter tout cela.

Aprs tout, si nous nous runissons, c'est que nous avions des choses signifiantes faire, dire, dbattre ensemble. Et trs vite, nous le savons, diffrents niveaux se mlent : le rationnel, le personnel, l'intime, des ressentis vagues ou envahissants... Le moment de bilan, que l'on a prvu, que l'on attend, est ce moment, o, sans dbat, je peux me dire, de faon succincte mais sincre, y compris dans le silence. C'est un moment o je fais retour sur moi-mme, pour dire (et me dire moi-mme) ce par quoi j'ai pu tre travers : les moments o j'ai pris du plaisir, les moments o j'ai dcroch, souffert, que ce soit cause des dbats ou cause de la faon dont le caf a t servi. Bien sr, tout cela, je le dis aux autres. Je les informe sur ce que j'ai vcu, sur mes bonheurs, mes regrets, mes espoirs. C'est donc un moment de dernier partage avant de se sparer pour un moment ou pour toujours.

Il s'ensuit que le bilan est un moment pour le groupe, et, ventuellement, pour l'animateur du groupe, de saisir son tat : si la majorit des personnes prsentes expriment un mal vcu, c'est qu'il y a des choses changer, discuter, recomposer. C'est galement le moment de reprer ce qui ncessiterait d'tre repris et approfondi lors des prochaines rencontres. Cela permet au groupe - comme aux personnes - de cheminer.

Enfin, le bilan est ce moment o on peut se dire : a y est, maintenant les dbats sont clos, je peux passer un autre tat de moi-mme. Un peu comme au thtre. Le rideau tombe, les lumires de la salle se rallument, je change de monde. C'est une faon de se dire collectivement que quelque chose a eu lieu, o chacun a pris sa part, et que maintenant, c'est fini. C'est un rituel, en somme, mais un rituel signifiant, qui distille un message clair sur la fin de ces moments d'coute. Et c'est, somme toute, une politesse. Je signifie, et le groupe signifie que chacun doit tre cout, et que, juste aprs, cette coute sera close. Cela vite que quelqu'un se retrouve parler dans le vide, ou reparte seul avec ses interrogations ou ses enthousiasmes.

Tout cela rappelle, et ce n'est pas neutre, que le bilan est un moment extrmement important, et il vaut certainement mieux interrompre un dbat (pour y revenir plus tard) que de le sacrifier. Et aussi que le bilan, pour tre le dernier temps d'une runion, doit cependant tre conu, dans tous ses aspects (calme, luxe, et volupt), pour favoriser l'coute la plus intense.

Richard Abcra

Diffrents niveaux de bilans :

Le bilan est un temps d'change. Aussi je peux choisir sa forme entre diffrents mdias (l'oral, l'crit, le dessin, le mime). Mais, on l'oublie parfois, je peux aussi choisir quelle partie des personnes prsentes je vais m'adresser - en considrant que l'tre humain est un tre physique, motionnel, rationnel et spirituel (je n'aborderai pas ici ce quatrime niveau). Et si chacun de nous est toutes ces parties la fois, et qu'elles interagissent constamment en nous, je peux nanmoins choisir d'en mettre une en avant ou en choisir une comme point de dpart du bilan. Ainsi les bilans permettent de poser et soulever diffrentes questions, diffrents niveaux.

Si je m'adresse au corps des personnes en prsence, voil les questions que je pourrais poser : "Qu'est-ce que mon corps me dit ?" ou "il y a t-il une zone de mon corps que je sens particulirement et que me dit-elle ?". Lorsque je vois quelqu'un s'ouvrir ou se recroqueviller, je peux chercher comprendre ce qu'il vit dans son corps. En groupe, on peut accentuer nos tensions et dtentes physiques et les montrer aux autres (via le mime par exemple) : "j'en ai plein le dos", "je n'arrive plus avancer", "en ce moment, j'oublie de respirer", "je suis au bord des larmes", "je suis dtendue", "molle"

" Comment je me sens ?" ou "comment je me suis senti ?"

L'motionnel c'est le vcu intime de chacun, ce qui s'exprime du fond de mon histoire et sans que ma volont n'ai intervenir. Je me sens heureuse, joyeuse, aux anges, en colre, rvolte, triste, dprime, sans lan, j'ai peur, je suis terrorise Nos motions sont la ralit de ce que nous vivons (si j'ai peur, c'est une certitude et si quelqu'un me rtorque "mais non, tu n'a pas peur", j'aurai peur quand mme). Nous pouvons chercher transformer nos motions, surtout si elles sont dsagrables, nous pouvons passer d'une motion une autre, mais nous ne pouvons pas nier l'motion que nous sommes en train de vivre.

Une motion ngative cache un besoin non satisfait, aussi si je parviens identifier et combler ce besoin en moi qui crie famine, je retrouve un niveau motionnel stable et quilibr et donc "agrable".

ex. : "Qu'est-ce que j'ai appris ?", "quelle est l'analyse que je fais de la situation ?", "quel problme puis-je identifier dans ce fonctionnement, cette structure ?"

Le rationnel peut tre centr sur soi (la premire question), ou centr sur un lment objectivable (si je parle d'une structure, bien que j'en fasse partie, je la considre comme extrieure moi lorsque je l'analyse). Le mental ouvre facilement sur des dbats d'ides, riches en ouvertures ; mais le risque est que la parole prononce ne soit pas suffisamment incarne par la personne qui la prononce. Vous savez, c'est le fameux "il faudrait faire a" que personne n'est prt mettre en uvre !

Aussi pour s'exprimer sur ces trois niveaux, il semble judicieux de suivre la progression suivante : commencer par le physique, en passant par l'motionnel et en terminant par du rationnel permet de ne pas se laisser baratiner par notre mental : le rationnel final sera en lien avec ce que nous avons vcu motionnellement, avec nos besoins plutt qu'avec nos projections.

Ex : Mon vcu peut me dire que je suis fatigue, que je travaille trop et mon mental vouloir que je travaille plus. Si j'coute seulement mon mental je risque de m'puiser, si j'coute aussi mon motionnel, je peux laborer une stratgie qui alliera ces deux lans apparemment opposs. Je peux faire une pose, dcompresser et ensuite, une fois repose, mettre les bouches doubles ; je peux revoir ma mthode de travail pour la rendre plus efficace et moins fatigante

Bien souvent le mental nous trompe, tourne autour du pot pour ne pas nous laisser voir nos motions. Laisser parler celles-ci en premier permet d'aller vers plus de cohrence, d'entendre et de laisser voir notre tre dans sa globalit (car lorsque je mets en mots, je prends conscience).

Diffrents supports et mthodes

Je dis

Le mdia le plus couramment utilis lors des bilans est, bien sr la parole. Dans ce cas je rponds oralement une question pose par l'animateur du groupe, en parlant en mon nom ("je"), mon tour, sans interrompre l'autre et sans ragir ce que disent les autres, ni me moquer de certains propos.

Pour le choix des questions, voir "les diffrents niveaux de bilans".

J'cris

Pour un bilan de fonctionnement de groupe :

Chacun-e prend un papier vert et un papier orange. Sur le papier vert, chacun-e crit deux ou trois choses qui lui ont particulirement plues. Sur le papier orange, deux ou trois choses qui ne lui ont pas plues. Cette forme de bilan incite dire autant de positif que de ngatif, car bien souvent les personnes dans un groupe ont tendance dire ce qui va et taire ce qui ne va pas. Ces papiers peuvent tre anonymes ou non. L'animateur du groupe fait ensuite la liste de tout ce qui n'a pas t et de tout ce qui a t (deux colonnes : OK / pas OK. Une technique consiste reparler en groupe des points qui ressortent majoritairement, en ngatif et en positif afin de cibler des points forts et de pouvoir construire des solutions communes aux problmes majeurs. Aprs 3 ou 4 points, penser vrifier si chacun est d'accord pour s'en tenir l ou si quelqu'un souhaite vivement parler d'un point, mme minoritaire.

Pour une gestion des difficults interpersonnelles :

  • Cette situation se produit lorsque dans un groupe, le sujet abord en bilan est celui des relations : pour se faire passer des remarques ou des apprciations positives, on peut fabriquer des "chaudoudoux" (cf. le conte du mme nom de Claude Steiner). Le "chaudoudoux" est fait pour faire plaisir ; il consiste crire sur un morceau de papier ce que l'on apprcie chez l'autre. L'unique consigne est que la phrase crite commence par la formule suivante : "Ce que j'aime en toi c'est". Chaque personne peut raliser un chaudoudoux pour chaque autre membre du groupe, si le groupe est important et le temps limit, on peut dcider que chacun crit par exemple cinq (5) chaudoudoux, mais attention ce que chacun en reoive ! Les chaudoudoux sont distribus aux personnes qu'ils concernent, mais leur auteur peut rester anonyme. Les chaudoudoux peuvent tre raliss par des enfants ou des adultes, ils permettent de renforcer les bonnes relations et aussi de faire l'effort de trouver en chacun, quelque chose de positif.

  • Lorsque l'on sent que les relations ne sont pas trs harmonieuses, le bilan interpersonnel peut utiliser la clbre construction de phrase de la communication non violente (CNV) : la consigne est alors d'crire sur un morceau de papier une phrase compose des parties suivantes :

Lorsque je te vois faire .. (ou lorsque je t'entends dire)

Je me sens

Parce que

Aussi je te demande de .

Et j'essaierai de (ou je m'engage )

Cet exercice difficile au dbut permet de revenir sur des moments qui ont t difficiles vivre avec quelqu'un, sans tomber dans l'accusation ni lui faire porter toute la responsabilit de la chose, car la relation toujours deux bouts !

Je dessine

  • Je dessine comment j'ai vcu la journe, ou la semaine, puis j'explique mon dessin aux autres personnes du groupe. Ceci permet de prendre un temps pour faire le point avec soi-mme et se recentrer, avant de faire un retour au groupe. Cette approche est trs peu directive.

  • En dbut ou en fin de journe : je dessine un visage simple sur lequel se lit l'motion dans laquelle je suis. Il s'agit ici de prendre la temprature motionnelle du groupe avant de commencer un travail afin de pouvoir adapter le rythme et les supports l'nergie du groupe.

  • L'animateur du bilan dessine une cible sur une grande feuille : un grand cercle, avec un centre, une partie centrale et une zone "extrieure". Ce disque est dcoup en autant de parts qu'il y a de points aborder. Chaque participant dispose d'un feutre de couleur diffrent et fait un point (une toile, un escargot) dans la zone qui correspond son apprciation : le centre correspond quelque chose que j'ai particulirement aim, le milieu est une zone mitige et l'extrieur une zone qui correspond des choses qui m'ont dplues. Cette cible peut avoir un fond color (ex. : vert au centre, orange au milieu, rouge au bord). Ici encore le groupe ralise un bilan sur un support unique, et cre donc une image qui laisse bien apparatre l'apprciation globale du groupe (des points positifs et ngatifs ressortent visuellement). Ces points peuvent ensuite tre discuts.

Je colle

- L'animateur fait la liste des diffrents thmes aborder (seul ou avec les participants). Chaque thme sera crit en titre sur une feuille A4, et les participants ont leur disposition des petits papiers ou gommettes de couleurs diffrentes (des rouges, des oranges et des verts). Les feuilles sur lesquelles sont inscrits les points aborder passent de mains en mains et chaque personne colle sur cette feuille la couleur correspondant son apprciation. Par exemple je colle une gommette orange sur le thme "cuisine" car je n'ai pas aim tous les repas. Les participants peuvent prendre deux gommettes pour nuancer leur rponse : en fait, il n'y a qu'un repas que je n'ai pas aim, je colle donc une gommette rouge ou orange et je la recouvre en grande partie d'une gommette verte.

Les feuilles, une fois remplies, sont affiches au mur ou tales au centre du cercle de personnes et laissent voir une ou plusieurs couleurs dominantes, ce qui est trs parlant. On peut ensuite faire un tour de parole pour approfondir certains points, comprendre ce qui a t ou non, donner la parole ceux qui voudraient s'exprimer aussi oralement. Si ce bilan n'est pas final, il laisse place la recherche de solutions et d'amliorations, et met galement en vidence les choses qui ont plu tout le monde et qu'il ne faut donc pas changer.

Je mime

- A la fin d'une runion ou d'un stage, je me lve et mime au groupe l'tat dans lequel je me trouve. Chacun tour de rle fait une statue devant les autres. Ce bilan est prfrer lorsque l'on sait qu'il n'y a aucun mal vcu srieux. En effet, les mimes prtent rire et si cela met une bonne ambiance, attention ne pas rire du malaise srieux d'une personne

Je fais un son

- A tour de rle, chacun-e produit un son qui correspond son tat intrieur. On fait ensuite un tour de parole pendant lequel chacun-e dit ce quoi le son qu'il a entendu lui a fait penser. Il est intressant de voir comment les personnes reoivent diffremment ce quelles entendent, et de raliser la diversit des interprtations.


Les bilans globaux et des points plus prcis

Outre la prise de recul finale, l'animateur du groupe peut proposer de faire des "arrts sur image" lorsqu'il sent que l'ambiance du groupe change (un malaise s'installe, les personnes semblent fatigues et/ou disperses).

Ceci : 1) que l'on veuille juste vrifier si chaque personne est dans un tat motionnel qui lui convient et qu'elle vit paisiblement ou 2) que l'on sente que quelque chose se vit sur le plan motionnel. On prend alors un temps pour que chacun puisse dire o il en est, et mette en mots ce qu'il est en train de vivre. Cela permet de "dposer ses valises" et de recrer un espace disponible pour autre chose.

Mais mettre en mots ne suffit pas toujours se librer d'un stress, d'une colre Aussi, chaque motion ngative exprime, l'animateur peut demander la personne de dire si cela va mieux en le disant ou si elle a un besoin satisfaire pour retourner une motion positive.

Mise à jour le Mercredi, 26 Octobre 2011 08:51
 

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